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Après l'AG de l'UVTF à Bayonne
Langue bleue et Carte verte...

 

La maladie de langue bleue s'étend maintenant sur tout le territoire français et particulièrement sur le Pays Basque. C'est une vraie sale histoire pour les éleveurs de caprins, bovins domestiques...

Désormais, selon les informations issues de la réunion de l'UVTF (Union des Villes Taurines de France) à Bayonne, les taureaux destinés à être torturés et sacrifiés dans les arènes lors des spectacles de tauromachie ibérique devront, faire obligatoirement la preuve qu'ils ne sont porteurs d'aucune maladie, telles que tuberculose, brucellose...etc... En effet, pour les taureaux en provenance d'Espagne, seuls étaient autorisés à être introduits dans une arène française pour y être torées (torturés) les animaux issus de cheptels officiellement indemnes de tuberculose et de brucellose... Comme cette règle était trop contraignante, comme d'habitude, on a sorti du chapeau une dérogation, encore une, autorisant les taureaux issus de cheptels non officiellement indemnes de tuberculose de venir néanmoins goûter les joies de la torture dans une arène française.

Bien entendu, on a attendu la fin de la saison tauromachique, c'est à dire le 30 septembre 2007, pour mettre fin à cette dérogation.
 

Ce qui est nouveau aujourd'hui, d'après ces informations, c'est que pour rentrer dans l'arène, tous les animaux devront obligatoirement être accompagnés de la carte verte délivrée par les services vétérinaires. Comme l'a fait remarqué Jean Grenet, député-maire de Bayonne et Président de l'UVTF pour quelques jours encore, cette mesure représente un tour de vis très net de la part des autorités et va obliger les éleveurs laxistes à se soumettre désormais à toute un série de contraintes de soins. Tiens ! Tiens ! Il y aurait donc des éleveurs laxistes ?? Si monsieur Grenet dit qu'il y a des éleveurs laxistes, c'est en effet qu'il doit y en avoir !  S'il y a des éleveurs laxistes, y aurait-il aussi des organisateurs laxistes ? Par contre, jusqu'à peu de temps encore, ce laxisme n'avait pas l'air de gêner grand monde chez les organisateurs... 

Que veut dire "être laxiste" ? Cela veut-il dire que des éleveurs vendent des animaux en ne sachant pas que ceux-ci sont porteurs de maladies ? Ou cela veut-il dire que les éleveurs vendent des animaux en sachant que ceux-ci sont malades et n'en informeraient pas les organisateurs ? Actuellement déjà, les organisateurs ont à leur disposition des services vétérinaires pour vérifier l'état de santé des animaux destinés aux arènes. Ainsi, malgré toutes ces compétences mises à disposition, comment se fait il que l'on retrouve dans les arènes des animaux présentant des "anomalies physiques" ?... Comment en effet se fait il que l'on y retrouve des animaux en piteux état, comme cela s'est produit en 2006 à DAX et Mont de Marsan ?  Les reportages des chroniqueurs taurins sont éloquents, ils qualifiaient les animaux de faibles et impotents, certains d'entre eux sont rentrés dans l'arène alors qu'ils n'étaient même pas en était de marcher, ils claudiquaient, avaient les sabots détériorés, des défauts de vue et dont l'un d'eux en particulier, qui à peine rentré dans l'arène de DAX le 9 septembre 2006, en est ressorti immédiatement tellement son état était déplorable... Toréer (torturer) des animaux dans de tels piteux états physiques ne redore pas le blason de la tauromachie et de ses acteurs, qu'ils soient éleveurs, organisateurs ou qu'ils soient participants actifs au massacre final.

Ce "laxisme" organisé est aussi générateur des déficits grandissants des spectacles tauromachiques, Bayonne en est un exemple flagrant : 2 287 976 € de budget pour la saison 2007 et un énorme déficit, amortissement inclus, de 247 255 €, soit un déficit en augmentation de 325% par rapport à celui de la saison 2006. Rappelons que ce déficit est une des conséquences de la baisse continue de la fréquentation  : - 2.5% en 2003, -5% en 2004, -3% en 2005 et -6% en 2006. Pour la saison 2007, et malgré 2 corridas supplémentaires, la fréquentation est du même niveau qu'en 2006, ce qui veut dire que pour la 5ème année consécutive la tauromachie est en baisse de fréquentation. 900 entrées payantes pour la novillada du 14 juillet par rapport aux 10 000 places qu'offrent les arènes de Lachepaillet, autant dire des arènes vides... Car bien que la population soit majoritairement opposée à ces spectacles archaïques, nos élus locaux - mis à part ceux de Baiona Berria qui se sont toujours opposés aux budgets corridas - continuent, tous en coeur, à voter le budget tauromachique et à dépenser l'argent des contribuables, pour le plus grand plaisir de leur chef de file, alors que des choix plus judicieux pourraient et devraient être faits. Beaucoup de nos concitoyens vivent aujourd'hui dans la difficulté, mais nos élus préfèrent dépenser cet argent dans l'organisation de tristes spectacles mettant en scène la mort d'un animal.

Si pour remplir les arènes il n'y avait que les peñas, il n'y aurait pas plus de 2500 spectateurs, dixit Jean Grenet ! On peut rajouter que même avec l'apport des touristes, ça ne les remplit non plus !  Monsieur Grenet a raison, ce ne sont pas les aficionados (une poignée de nos concitoyens) qui font vivre la tauromachie spectacle, ce sont les touristes bien sûr, et surtout les contribuables qui règlent la facture. C'est la raison pour laquelle nous avons assisté, durant l'été, à une véritable débauche de moyens publicitaires déployés par la Mairie, soutenue en cela par une majorité de nos élus acquis au lobby taurin, pour vendre aux touristes la torture et la mort en
public de 92 animaux, en leur faisant croire (aux touristes) que cette tuerie collective fait partie de nos traditions. La raison non affichée est surtout de tenter d'arrêter la baisse inexorable de la fréquentation constatée durant les 4 dernières années.


La tauromachie ne doit son salut qu'à la volonté d'un lobby tauromachique puissant et bien organisé ayant le soutien d'une proportion d'élus locaux appartenant à quasiment tous les partis politiques tels  l'UMP, le PS, les Verts Pays Basque, et de "notables" locaux et nationaux acquis à ce lobby.
Aux dernières nouvelles, pour les élections municipales, les Verts Pays Basque rejoignent la liste de Jean Genet, premier aficionado de ce pays. On peut en effet être surpris par ce choix, alors que sur le plan national les Verts se déclarent pourtant ouvertement contre les corridas. Peut on faire confiance à des gens qui sont prêts à tout pour conserver un strapontin à la mairie ? Encore un exemple de décalage total entre les élus et la population...
 

Ainsi pour continuer à faire passer la pilule aux contribuables, à qui l'on ne demande rien sinon de payer les déficits engendrés par les spectacles tauromachiques, l'UVTF, annonce vouloir créer en janvier un observatoire de la tauromachie qui aura pour but de développer un argumentaire positif de la tauromachie (!). On croit rêver ! Comment donner une image positive d'une activité passéiste dont les seules finalités sont la torture et la mort d'un animal en public perpétrées par un groupe d'individus professionnels de la torture animale, bien entraînés et chers payés ! Si la tauromachie dégageait une image positive, cela se saurait et elle n'aurait besoin d'aucun argument pour se développer. 

La corrida nous rappelle que le processus d’hominisation n’est nullement parachevé et que le chemin parsemé de cadavres humains et non-humains est décidément bien long. (Gérard Charollois, magistrat)

L'avenir de la tauromachie ibérique est derrière elle... Mais seuls nos élus refusent de tourner la page. Qu'ont-ils à gagner à perpétrer cette pratique barbare ? Comment se fait-il qu'ils mettent autant d'énergie à soutenir cette activité morbide ?  Le moment est venu de leur poser clairement la question, de leur demander de soutenir l'interdiction de l'entrée des arènes aux mineurs de moins de 16 ans et de réfléchir à l'abolition définitive des corridas. Comment accepter que, sur une petite partie du territoire de la République, la torture d'un animal soit considérée comme un divertissement alors que partout ailleurs c'est un délit ?

PS:  Voir aussi dans ce blog les articles intitulés "300 000 euros pour reloger une peña taurine" du 12 juillet 2007 et "Débauche de moyens pour l'activité tauromachique" du 12 juillet 2007, articles toujours d'actualité

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